Vivre autrement de Lucien-Paul CAUVIN

Extrait de "La Pomme Verte" (juillet-août 2008) - Bulletin de l'association Sermaise Environnement

Le choix de vivre autrement


Économiser l'eau, l'énergie, l'électricité, les ressources naturelles et autres s'impose dès aujourd'hui à nous et s'imposera bien davantage encore dans le futur.
Cet état de fait nous conduira à admettre que la consommation n'est pas le seul et unique moyen pour accéder au bonheur ; à reconnaître que nous consacrons l'essentiel de notre temps à toujours gagner plus d'argent pour répondre à des désirs et à des envies afin de satisfaire de bien futiles et éphémères besoins matériels.

À ce stade de la réflexion, on sera tenté de se tourner vers des solutions consistant à vivre aussi bien, voire à vivre mieux, avec moins. On s'apercevra alors que changer sa façon de vivre est possible en adoptant la simplification pour améliorer sa qualité de vie.
Socrate, en son temps, vivait simplement et prétendait que peu posséder était pour lui la meilleure façon d'être plus près de l'univers. Diogène de Sinope (chef de file des philosophes cyniques) pratiquait lui aussi la simplicité pour des raisons anticonformistes. Après eux, Gandhi, sur des bases tout aussi simples, mena une vie riche au service d'une cause qui demeure actuelle : celle d'un monde apaisé. Tous ces hommes ont été, ainsi que bien d'autres et pour diverses raisons, à la recherche du bonheur. Y sont-ils parvenus ? Nul ne saura Jamais.

En 1981, est paru aux U.S., le livre de Duane Eglin intitulé Volontary Simplicity (simplicité volontaire) qui donna naissance à un courant de pensée, à une philosophie de vie, qui se développa aux Etats-Unis ainsi que dans d'autres pays industrialisés sous l'appellation de "simplicité volontaire".
Cet art de vivre posait des principes touchant à la fois le travail, la consommation, les enfants, le logement, la nourriture, la santé, les loisirs…

Moins consommer est une idée centrale de la "simplicité volontaire". C'est de facto économiser les ressources naturelles pour épargner le milieu dans lequel nous vivons. C'est gaspiller moins pour vivre mieux.
Ce courant de pensée, qui est plutôt marginal de nos jours, peut retrouver un regain d'intérêt eu égard aux défis auxquels est confrontée l'humanité tout entière. La "simplicité volontaire", pour ses adeptes, n'est pas un sacrifice ou une sorte de culture d'un quelconque ascétisme. Non, pas du tout. Elle est, bien au contraire, un choix de vie délibéré, conscient et responsable.

Dire que la "simplicité volontaire" est une planche de salut, pouvant résoudre tous les problèmes de l'humanité à l'échelle planétaire, serait sans doute bien présomptueux. Penser, en revanche, qu'elle pourrait être une voie à privilégier, pour l'atteinte au bonheur individuel et collectif permettant l'accès à un monde meilleur, semble admissible.

Dans une démarche prospective, que nous impose le futur proche, préférer l'ÊTRE à l'AVOIR peut être pour d'aucuns l'occasion de s'offrir le choix de vivre autrement.

 

Lucien-Paul CAUVIN